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MAMBOURG DE SIGOLSHEIM




Etendu sur près de 1,3 km et exposé plein Sud à flanc de colline, le Mambourg domine Sigolsheim. Il se trouve à l’entrée de la Weiss et s’étire du bord du village (chapelle Sainte Anne) à la nécropole militaire. 
Il profite d'une durée d'ensoleillement optimale à tel point que nulle part dans le vignoble, la neige ne fond plus vite qu'ici.


Superficie :
61,85 hectares                                                                        

Altitude :
220 à 360 m

Sol : Calcaire avec magnésie et sur des conglomérats marneux de recouvrement tertiaire des collines.

Dénomination du substrat (dans notre classification) : Un terroir assurément marno-calcaire (avec calcaire à magnésie) mais eu égard à son microclimat très particulier, nous l'avons également rangé dans le classement de nos rubriques à terroirs originaux.

Cépages de référence : Le grand cru est majoritairement planté en Gewurztraminer (80 %), le reste en Pinot gris et en Riesling. 
Le gewurztraminer se sent particulièrement à l’aise sur ce terroir car il profite à pleine mesure des sols consistants (gras, profond, argileux, siliceux et de calcaire à magnésie) mais surtout du somptueux microclimat qui tamponne idéalement les variations de température.
En effet l’orientation plein sud, le sol calci-magnésique (qui conserve, comme un buvard, la chaleur du rayonnement solaire) font de ce grand cru (à deux encablures de Colmar déjà très favorisée) celui qui bénéficie, pour le secteur, de l’insolation la plus forte :raison pour laquelle on le qualifie de terroir énergétique et solaire par excellence. 
Ce microclimat, hors norme, aidé par une belle arrière saison automnale, donne facilement naissance à de grands vins botrytisés dans la mesure du véritable SGN.
Si ces dernières proviennent de bons viticulteurs, ils seront souvent géniaux et d’une garde énorme. 
L’analyse organoleptique (en toute généralité) est la suivante (pour le gewurztraminer) :
Les vins sont charnus, gras, opulents et d’une rusticité dans le jeune âge qui le ferait paraître, pour l’amateur peu habitué, comme un peu "ours".
La caractéristique notable est cette impression de tannicité, pourtant propre au vin rouge et qui constitue une empreinte déroutante dans le répertoire gustatif classique du terroir alsacien. Raison pour laquelle, la représentation idéologique pour ce grand cru est souvent mal appréhendée et peu aisée dans la quête d’une connaissance du vignoble.
Le Mambourg qui possède donc une dimension tannique indéniable, s’assimile géologiquement, à ces grands terroirs bourguignons qui sont à la frontière du rouge et du blanc comme le calcaire du haut Volnay voir le fameux climat que sont les Pommard-les-Rugiens. 
A l’analyse, les vins sont discrètement fruités, floraux, riches, de structure complexe, onctueux et de belle allonge. Ils sont un peu épicés et fumés. La structure acide, peu présente frontalement, est enfouie dans cette charpente tannique qui "tempère" l’onctuosité de la matière.
Après quelques années de garde (4 à 5 années), on peut découvrir une intense et complexe palette aromatique dégagée et des tanins qui contrebalancent l’étoffe du vin et se fond dans la mâche. 
Il faut une grande année riche, acide (comme 1996) et idéale pour extirper cette acidité qui ressurgit un peu plus et donner un relief davantage façonné.

Recueils de vignerons :
"Malgré la générosité du terroir, il faut maîtriser la vigueur du plant pour obtenir un produit qualitatif et d’équilibre!" 
(Domaine Blanck).
"De la poche de Colmar, il est le terroir qui reçoit le plus d’énergie. Il est donc inutile de maximiser la surface foliaire (il faut conserver les vignes près du sol pour éviter que l’excès de feuillage n’interfère le dialogue qui doit se faire dans le privilège d’un échange avec le sous-sol). Donc peu d’engrais qui s’opposent à la projection en profondeur des racines".

(Domaine Deiss).
"Le problème en Alsace se pose ici sur les clones sélectionnés et productifs qui tendent à reproduire à l’identique année après année. Sur cet original micro-climat où il faut pouvoir extraire l’âme de ce grand cru d’exception, la faveur est aux vieilles souches qui consentent à exprimer les facettes multiples du terroir.
Mais pour atteindre à la quintessence, encore faut-il que le sol soit bel et bien vivant et que les microorganismes permettent à la plante d’assimiler les substances en profondeur". 

(Marc Tempé). 
Les riesling comme les pinots gris sont capables de rendre compte de beaucoup de caractère mais ne possèdent ni la ferveur du "Hengst" par exemple, ni la capacité de garde d’un Schoenenbourg ou d’un Altenberg de Bergheim.  

Producteurs visités : Blanck PaulMichel Fonné, Jean-Marc Bernhard

Un peu d'histoire : Dès 783, l'histoire révèle que les vins de Sigoltesberg (le Mambourg actuel) étaient réputés. 
De nombreux couvents et seigneurs en étaient propriétaires et leur ont donné leurs lettres de noblesse.
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