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Schlossberg de Kientzheim




Le Schlossberg (site classé en 1975) est le premier dans l'ordre chronologique à avoir bénéficié de l'A.O.C. Grand Cru. Il a soulevé de nombreuses polémiques concernant sa très généreuse surface. Pour certains millésimes, les parties en apparence moins bien exposées donnent tout de même de beaux vins ! Mais sur dix ans, on se rend bien compte que seul un tiers du coteau mérite sa haute classification.
La forte pente des coteaux du Schlossberg, sur la colline sous-vosgienne qui surplombe Kaysersberg et Kientzheim, permet aux vignes de profiter au maximum des possibilités d'ensoleillement offertes par une exposition plein sud. Cette pente fut rectifiée au fil des générations de viticulteurs par la construction de nombreux murs de soutènement, la culture en terrasse étant nécessaire. 


Superficie :
80,28 hectares                                                                        

Altitude :
200 à 300 m

Sol : le coteau repose sur les migmatites de Kaysersberg et le granite intrusif de Tannenkirch, dont les arènes constituent un terroir d’excellente fertilité minérale, sableux grossier et argileux à la fois. La richesse et la diversité des minéraux rencontrés(potassium, magnésium, fluor, phosphore) déterminent la finesse et la multiplicité des arômes de ces crus. L'exposition et le microclimat régulé par les eaux de la rivière Weiss qui coule dans la vallée favorisent la précocité de la vigne.

Dénomination du substrat (dans notre classification) : granitique

Cépages de référence : Terroir de prédilection pour les riesling, le grand cru accueille aussi le gewurztraminer et le pinot gris qui possèdent une grande élégance (parfois même aérienne) sans le côté opulent que l’on retrouve dans les terrains marno-calcaires ; l'on obtient alors des vins de mise en bouche et de gastronomie à la fois.
Les riesling sont droits, sveltes, linéaires et expriment le musqué ou les arômes de fleurs de vigne, avec ce caractère de jeunesse désaltérante et cette pointe d’acidité qui signe les pays du Rhin.

La nature des sols donne au cépage une finesse immédiate mais trompeuse car elle n’exclut pas la longue garde, très bénéfique. En effet, au vieillissement, on retrouve une minéralité subtile et complexe dans un vin qui conserve de la fraîcheur ainsi qu' une structure rectiligne et précise.

la nature des sols donne au Riesling une finesse immédiate et trompeuse, car elle n’exclut pas la longue garde.

L’analyse (en toute généralité) d’un tel vin est la suivante :

  • fruits : arômes citronnés dérivant dans certains cas vers l’ananas, l’abricot ou la pêche, plus ou moins mûrs ; parfois fruits séchés dans les millésimes chauds, groseille, framboise. 

  • fleurs verdoyantes se composant en bouquet, iris, acacias, tilleul et menthe (dans la jeunesse), genet, bruyère. 

  • touches fumées : pierre à fusil, tabac, café vert.

  • minéral en bouche, aspect iodé, poussière de pierre tapissant le palais, avec une structure pointue quand il est jeune.

D'une grande vocation gastronomique, nous proposons cette parenthèse sur un exemple d'accords riesling-mets (selon les conseils avisés de Sylvie Gaertner, sommelière au restaurant "Aux Armes de France" à Ammerschwihr) :

  • Jeune, floral et frais : avec un presskopf de homard et de tête de veau à la vinaigrette de caviar.

  • Dans un millésime plus ancien de 6/8 années, gras mais vif : saint jacques poêlés, sauce légèrement citronnée.

  • Dans un millésime ancien également, mais à la minéralité en devanture : des langoustines au jus de persil ou un filet de sole aux nouilles au jus de persil.

  • Ancien, mais riche (comme 1976 ou 1981) : une noble volaille pochée à la crème.

Producteurs visités : Domaine Paul Blanck, Domaine Weinbach, Domaine Albert Mann, Domaine Bott-Geyl

Un peu d'histoire : Lieu-dit très réputé, le Schlossberg est cité dès le XVe siècle dans des documents concernant des rentes foncières. 
Harmonieusement agencées, les parcelles se superposent dans une succession d’étages qui sont délimitées par des murs qui furent construits au moyen âge par les bâtisseurs de la vallée d’Aoste.
A partir de 1928, les viticulteurs de Kaysersberg et de Kientzheim ont consigné toutes les contraintes de production naturelle de ce cru dans une convention écrite, unanimement respectée, qui a été depuis lors consacrée par les décrets de 1975 et 1992.

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