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SOMMERBERG DE NIEDERMORSCHWIHR ET KATZENTHAL




Le Sommerberg s'étend au pied des Trois-Epis, au sud de Katzenthal et au nord de Niedermorschwihr.
Situé sur un coteau en très forte pente, héroïque à cultiver, ce lieu-dit est orienté plein sud.
Les sols peu profonds (de 30 à 60 cm) et caillouteux accumulent fortement la chaleur.
Les pluies sont peu abondantes dans ce secteur.


Superficie :
28,36 hectares                                                                        

Altitude :
265 à 405 m

Sol : Le substrat granitique à deux micas, dit de Turckheim, en état de désagrégation très avancé, donne naissance à ces arènes granitiques, riches en éléments minéraux, et si propices à la culture de le vigne.

Dénomination du substrat (dans notre classification) : granitique

Cépages de référence :
les Riesling sont délicieux et d'une personnalité encore plus affirmée que sur le Brand.
Le riesling occupe la presque totalité de la surface de ce grand cru (90 %). Il existe aussi quelques parcelles de pinot gris et de gewurztraminer d’une qualité et d'une finesse importantes qui trouvent une place privilégiée en gastronomie.
Il est bien malaisé de lui trouver un évident air de famille parmi ses frères de rangs granitiques (le Brand ou le Schlossberg). En effet, vinifié sans concession et sur le mode du vin sec, il s’apparente plus aux vins du secteur de Ribeauvillé, marno-calcaire (avec du grès), surtout dans son jeune âge. Ce n’est pas spécifiquement le terroir (bien que la caractérisation minérale est importante) qui confère cette vivacité et énergie particulières à ce grand cru mais un microclimat particulier.
La configuration structurelle générale des cuvées peut sembler un peu serrée et monocorde pour un terroir d'extraction granitique dans la prime jeunesse bien que très harmonieuse mais s'arc-boute dans l'arcure de strates fruitées et minérales d'une bonne profusion et d'un éclat flagrant.
Ainsi, un peu agressif et nerveux dans la fleur de l’âge, ces vins qui dévoilent souvent des arômes de menthe, de basilic, des fruits exotiques fermes et de maturité peu avancée, des senteurs de fleurs (comme la rose ancienne ou la violette sauvage), de viandes blanches rôties et de tabac chaud, peuvent à l’occasion d’une année chaude (mais réussie pour lui ! Ce terroir craint les années sèches qui provoquent un stress hydrique qui bloque la maturité physiologique des raisins) s’envelopper d’une note miellée, avec une pointe de minéral fossile, voire de pierre à fusil.
Très expressif et tentateur dès la naissance pour l’amateur éclairé, il bonifie remarquablement sur 5 à 8 années.
Pour résumer la carte d’identité organoleptique du Sommerberg par rapport au Brand, on peut dire qu’il possède davantage de pureté, de précision, de transparence, de vivacité. Il est moins carré (au niveau de l’expressivité minérale) et moins entier (au niveau de la suavité ou de l’ampleur de structure) mais plus longiligne, monolithique mais d’une complexité tactile sous jacente plus vibrante et d’un fondu de matière plus profond.

Producteurs visités : Domaine Albert Boxler, Domaine Weinzorn, Cave de Turckheim

Un peu d'histoire : Niedermorschwihr donne sa place à la vigne dès 1214 et le nom de Sommerberg délimite déjà jalousement une partie du vignoble au XVII e siècle. 
La « colline de l’été » (Sommer : été, berg : colline) jouissait d’une grande réputation, à cette époque où les nobles de Habsbourg et de Hohlandsberg se partageaient la propriété de Niedermorschwihr.
Par la suite, cette colline a très souvent continué d’exciter la convoitise de connaisseurs aussi émérites que l’Abbaye de Pairis, le chapitre de Saint-Dié, l’évêque de Bâle, le couvent de Marbach ou les Chevaliers de Malte. Ces derniers ont légué à la localité l’emblème de ses armoiries : une tête Mauresque, ornée de 26 perles sur fond pourpre, vestige insolite du temps des croisades, devenu le symbole de l’esprit de tolérance des habitants de Niedermorschiwhr.
A la fin des années 60 et 70, le Sommerberg, souvent méconnu par bon nombre de sommeliers, se fait le siège d’un formidable regain d’intérêt ; surtout depuis la classification en grand cru qui attise la voracité de quelques gourmands pressés de rentabiliser la production, à l’instar des vrais vignerons-récoltants et artisans de grandes cuvées qui ont fait de la qualité leur emblème et ont ainsi prouvé sans peine l’évidence de la grandeur de ce terroir. Il faut dire que dans un passé assez proche existaient des pratiques de vinification mal adaptées, comme la fermentation en fûts de bois, l’excès de souffre ou le non-débourbage des cuves.
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