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SOLS ET TERROIRS |
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Sols |
Grands Crus |
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C’est par une approche didactique simple qu’il nous semble souhaitable de souligner, d'une part, l'intrication et certaines interdépendances évidentes entre les vecteurs de base que sont :
avec les spécificités organoleptiques et gustatives des vins, d'autre part. Aucun amateur n’ignore
la redoutable complexité des sols alsaciens tant dans leurs
compositions que dans les aspects tout aussi variés et déterminants
que l’exposition des parcelles exploitées, la déclivité du terrain,
le milieu climatique. Ce dernier est lui-même régi par de multiples
composantes internes et enchevêtrées (la localisation des terroirs
dans la plaine, la proximité des reliefs, les vents,…).
Le secteur du vignoble
alsacien, tel qu’on le connaît à ce jour, dans sa morphologie ou son
apparence globale, résulte d’un cataclysme primordial qu’est l’effondrement
d’une passerelle coiffant la Forêt Noire aux Vosges.
L’originalité des
collines sous-vosgiennes est imputable à ces deux bouleversements qui
provoquent à la fois la mise à nu des roches sédimentaires
(argile/calcaire/grès) accumulées pendant l’ère secondaire, procurent
un climat privilégié (voir ci-dessous), déterminent des déclivités
inégales et apportent une modulation dans les expositions de terrains qui
conditionnent des micro-climats variés. De ce qui vient d’être dit, il peut sembler évident mais est capital de comprendre qu’un vin d’une vertueuse expression sur un terroir défendable dépend assurément d'un microclimat favorable (avec notamment une bonne exposition), d'une matrice de culture adaptée (structure et composition du sol et du sous-sol d'une certaine détermination). En ce qui concerne la climatologie on peut dire que l’Alsace s’en sort plutôt bien. Il s’agit d’une région ensoleillée et à la pluviométrie faible car protégée par les contreforts vosgiens des vents d’Ouest. Les meilleurs crus sont exposés au Sud, Sud-Est ou Est et se cultivent sur les collines. Mais malgré ces considérations classiques reprises par tous les bons horticulteurs (ou dégustateurs) en mal de compréhension sur ce qui peut différencier le bon grain de l’ivraie, tout se complique encore un peu plus en Alsace. A la diversité des sols, il faut ajouter la variété des cépages. En effet, il en subsiste encore grosso modo une douzaine à ce jour. Les générations antérieures en possédaient encore bien davantage, probablement pour trouver une tangible adéquation entre ceux-ci et cette mosaïque de terroirs. Une autre singularité tout à fait étonnante de cette région tient à ce que le vin d’Alsace est identifié par le cépage (par exemple, une bouteille de gewurztraminer est réalisée entièrement à partir de ce dernier cépage). Plus généralement 8 cépages sont à considérer. A ceux là, on y a adjoint un classement hiérarchique : certains sont nobles (riesling, muscat, gewurztraminer, pinot gris), mi-fins (pinot blanc et noir)…puis les autres (sylvaner, chasselas …) jugés plus ordinaires, basiques. En outre, la notion d’A.O.C., extrêmement répandue dans l’hexagone (plus de 400), se limite en Alsace (pourtant d’une superficie pas si désuète que cela si l’on prend en compte la production annuelle de vin) aux 3 appellations suivantes :
Mais l’Alsace, qui avait bâti tout son système législatif sur le nom du cépage rend hommage dès 1983 à ses meilleurs coteaux en créant une classification A.O.C. Grand Cru (à ce jour au nombre de 50) permettant ainsi de discerner plus facilement le potentiel que possèdent certains terroirs à transmettre un supplément d’originalité et de complexité. Mais attention, seuls sont appelés dans la cour des grands crus ceux que l’on a précédemment qualifiés de cépages nobles. A lire également : Les
Vendanges Tardives et les Sélections de Grains Nobles
Ces
parcelles, classées Grands Crus, n'ont pas été improvisées, mais ont
été retenues notamment du fait qu'elles sont d'une forte notoriété
historique. Cette particularité bien établie a été soumise à une
analyse contemporaine des qualités effectives de ces terroirs (en partie
par la dégustation des vins) pour vérifier la bonne concordance
entre la renommée et la réalité. Quoi qu’il en soit, une récolte de raisins ne donnera de grandes bouteilles que si l’exploitant possède de prime abord la volonté d’exercer sur le vignoble de véritables pratiques culturales, premières et fondamentales conditions à l’obtention d’une matière première saine (sans quoi rien n’est possible). Que le vin provienne d’un terroir réputé ou non, la médiocrité sera au rendez-vous si la production n’est sous-tendue par cette élémentaire philosophie. Notre propos n’est pas de porter une vision béatifiante et naïve de "magnifiques cépages" cultivés sur "d’admirables croupes mordorées aux qualités inestimables". Nous tenterons bien au contraire de distinguer dans cette situation complexe la part entre les éléments naturels et l’apport du vigneron. Aussi dans notre tentative d’exposer de la manière la plus claire possible un schéma de caractérisation du vin en fonction de son terroir, il faudra toujours garder à l’esprit que la classification ne concerne que les récoltes pour qui les vecteurs qualitatifs sont présents (tels par exemple : porte-greffes peu productifs, vignes bien travaillées et raisonnablement traitées, rendements limités, vendanges manuelles, vinification et élevage rigoureux). Les sols alsaciens peuvent être composés d'argile, de calcaire, de sédiments alluviaux, de colluvions, de granite, de gneiss, de schiste, de grès, de roches volcaniques (rarement) d'origine sédimentaire, de gypse (d'une manière anecdotique) et très couramment d'une large déclinaison argilo-calcaires (avec une rubrique médiane d'une grande proportion ; les sols marno-calcaires où la teneur en argile qui s'ajoute au calcaire varie dans une fourchette qui va de 65 % à 35 %). Une première distinction intéressante est à noter : selon le type de terroir considéré, 2 cas de figure diamétralement opposés existent : certaines parcelles consentent à donner au vin une expression variétale très typée (les sols légers sablonneux, caillouteux et certains arpents granitiques voir schisteux) ou au contraire corsètent le cépage en imposant leurs marques, leurs empreintes minérales dans le vin (tout terroirs argilo-calcaires). Ainsi il y en a pour tous les goûts. Le troisième et dernier cas de figure : l’alliance magique des deux parties qui transcende le vin par une synergie des qualités respectives. Autrement dit, l'extrême faveur d'une rencontre adéquate, d'un cépage et d'un sol qui magnifie les caractères du premier grâce à l'expression particulière du deuxième, sans bousculades mais, au contraire, dans une harmonie évidente, totale." |